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VAKARM

Ouvrir son esprit

ACTE 1

Mise en scène : le trône (toute autre modification scénique sera précisée selon la scène entre parenthèse)

Scène 1 : Mort en Pennsylvanie (VAK)

(Musique violente, et apparition de 2 groupes, qui vont pour se battre, et Raito, qui fait un Vacarme à lui tout seul. Puis apparaît VAK, -vêtu de noir et de rouge-, qui va d’un coup tuer toutes les personnes sur scène)

Monologue.

VAK – Je provoquerai la mort tant que de vivants il y aura, je dévasterai cette planète, je ferai couler le sang, tomber les hommes par milliers, j’exterminerai tout type de vie sur terre. J’apporterai le chaos dans ce monde en pleine décadence. Vous êtes à ma merci.

Scène 2 : Assemblée générale des dirigeants

Personnages : Ila, VAK, Frédérique, Tim, Rufus, Ju, Elisabeth, Mario, Max (Quatre tables sont disposées sur la longueur de la scène, au centre en retrait un trône représentant la hiérarchie) (VAK entre en scène, s’assoit à son trône, écarte les bras, comme prenant possession et maîtrise de la situation, flottement quelques instantss)

Ila – (sort un bloc-notes et un stylo) Alors, par quoi commençons-nous ?

Frédérique – (se lève de son siège) Je crois qu'il est temps pour nous de se distraire un peu, donc, nous allons pour cela mêler l'utile à l'agréable.

Tim – (sortant un dé géant) Je propose que nous prenions pour cette séance les décisions au hasard en les tirant au dé, ou à la pièce, en proposant plusieurs solutions.

Ila – Je peux sortir mon Monopoly ?

Tim – Bien sûr !

Rufus – Ce n’est pas possible, on ne va pas prendre des décisions au hasard !

Ila – Si c'est très une bonne idée !

Frédérique – Ça va mettre un peu de piquant dans notre réunion !

Tim – Ça ne peut pas nous faire de mal !

(Les dirigeants prennent des dés, sortent des jeux de société, les uns après les autres se lèvent)

Rufus – Non !

Ju – Ho ! Et puis il y a toujours un rabat-joie pour nous ennuyer. Nous ne sommes pas là pour nous quereller.

Ila – On va commencer par un problème auquel nous faisions face à la dernière réunion mais auquel nous n'avons pas trouvé de solutions. Il a été noté une montée en flèche du taux de claustrophobes sur le territoire, dépassant même les 50 % de la population, ce qui impose une réorganisation des lieux publics.

Rufus – Non, je ne suis pas d'accord, C’est la maladie de Matitson qui se propage si vite, qui présente le symptôme de la claustrophobie. C’est en développant son vaccin que nous règlerons le problème à sa racine.

Ju – Cette solution demande une mobilisation financière trop importante ! Je propose une solution moins coûteuse, qui consiste à (sur un air rêveur) briser les vitres des cabines téléphoniques pour que leurs utilisateurs ne se sentent moins à l'étroit.

Ila, Tim, Frédérique – (en chœur) Woua !

Ila – Trop intelligente comme idée !

Frédérique – On sent que tu en as de la jugeote toi !

(Rufus se prend la tête dans les mains)

Tim – Je propose que l'on opte pour la solution de Ju (la désignant) car nous avons des problèmes plus importants à résoudre durant cette séance.

Ila – Je suis d'accord, et je pense que la majorité de ce conseil l'est aussi.

Frédérique – Sans problème.

Ju – Ok.

Ila – Pour en venir au plus gros morceau de notre réunion, nous avons pu constater une effusion de sang lors d'une bataille entre deux gangs qui a provoqué la mort de tous les protagonistes.

Ju – S’ils sont tous morts, c'est qu'ils ne sont pas si responsable de ça.

Frédérique – C'est donc quelqu'un d'autre, une personne X qui a provoqué la mort de ces deux gangs.

Tim – Je suis d'accord avec toi Frédérique, de plus, lorsque les gangs s'affrontent, habituellement, il n'y a pas une telle violence, la casse se limite à quelques hématomes ou peut-être deux hospitalisations, mais là, il y a eu trop de violence, ce ne sont pas eux qui sont victimes de leurs morts.

Ju – Pourquoi on s’en occupe, on ne peut plus rien faire pour eux, ils sont morts de toute façon !

Ila – Pour affronter ce problème, je propose d'amadouer ces gangs en leurs proposant une solution qui pourra leur éviter la délinquance, le besoin, ce qui provoquera une dissolution de ses groupes.

Frédérique – Oui, car outre le fait qu'il y ai un autre responsable, le problème majeur reste ces groupes de jeunes insociables sans ambitions ni avenir dans notre société.

Ila – Pour cela, nous allons, « virgule » installer des distributeurs automatiques de cacahuètes gratuits dans les quartiers défavorisés !

Tim – Je propose qu'on le tire au dé. 1, 2 et 3 pour approfondir l'enquête concernant le facteur externe, 4, 5 et 6 pour le distributeur automatique de cacahuètes.

(Acquiescent en chœur, musique, ils se lancent mutuellement le dé, puis Tim le lance à terre)

Elisabeth – (arrive en trombe avec Max, enchaîné à elle) Excusez-moi d'arriver en retard, mais j'entretenais une conversation avec mon mari. Une conversation physique bien entendu ! Et il m'a retenu à la maison plus tard que prévu.

Rufus – Je vois ça.

Ila – Oui, Elisabeth, tu as au moins 20 minutes de retard !

Tim – Attendez, ce n'est pas si grave, (désigne la chaise vide à droite) Mario n'est même pas venu !

Elisabeth – C'était sans aucun doute un instant de grande force, d'une intensité incomparable, j'ai senti le poids de son corps sur le mien. Je me suis découverte d'une légèreté inéluctable face à… sa violence (elle éclate en sanglots, tombe au milieu de la scène, s'effondre)

(Ju prend la laisse de Max, et Tim et lui viennent autour d'Elisabeth pour la réconforter)

Tim – Hé, ça va aller ?

Frédérique – Tu veux que j'aille te chercher un verre d'eau ?

Elisabeth – Non je te remercie. (Se relève) Non ! Je n'ai pas besoin de vous, excusez-moi, désolé de vous avoir interrompu en pleine réunion. Non, je n'ai besoin de personne ! Laissez moi tranquille, vous ne saurez pas m'aider, vous ne pouvez pas m'aider. Personne ne sait qui je suis ! (Elle tombe a terre, inerte, rattrapé par Ju, Tim lui donne de petites claques pour la réveiller)

Ila – Hé ça va aller ?

Elisabeth – (reprenant ses esprits) Oui, oui, je vais me poser la (désigne la chaise), je vais vous observer, je crois que je n'ai pas la tête à faire mon travail aujourd'hui.

Ju – Ok, mais si tu as besoin de quoi que ce soit, tu nous préviens, hein ?

Frédérique – Poursuivons, je vous en prie.

Ju – (redonne Max a Elisabeth qui se rassoit) Pour en revenir à nos moutons, nous avons reçu une lettre nous faisant part de révélations concernant l'affaire des morts injustifiés en Pennsylvanie. Il se pourrait bien qu'elle puisse nous éclairer sur l’identité et les motivations du meurtrier. (Il sort une petite enveloppe rouge cachetée)

Ila – Je veux la lire ! S'il te plait, s'il te plait !

Ju – Non ! (Il ouvre l'enveloppe, sort la lettre, VAK se lève de son trône pour se mettre à côté de Ju, les bras croisés, tous les autres reprennent leur place à table) Vous avez sans doute constaté des morts inhabituelles dans les banlieues mal famées ces derniers temps. Je connais le coupable. Il est là, vous ne le voyez pas mais lui vous voit, il vous influence, prend possession de votre corps. Il s'appelle VAK…

Frédérique – Ah, ça donne froid dans le dos !

Ju – Il veut voir cette terre mourir à petit feu. VAK est le responsable du chaos qui règne et qui va régner sur cette terre. Je l'aide dans sa tâche. La population va trembler face à la déferlante VAK !

Ila – Nous avons donc le facteur X.

Frédérique – Oui, X n'est rien d'autre que VAK !

Ju – Attendez ce n'est pas fini. (Reprend sa lecture) Je suis son représentant sur cette terre, je vais l'aider à accomplir ses méfaits, J’agirai si vite que personne ne pourra m'arrêter ! (Se reprend)

Tim – Mais c’est qui ?

Ju – C'est signé CAMY.

Frédérique – Ah ! Ça me fait peur !

Tim – Personne ne pourra l’arrêter !

Ju – Il va utiliser une arme maléfique !

Ila – C'est peut-être une sorte de bombe nucléaire !

Frédérique – Soit, nous n'en savons pas plus sur le sujet, cela ne sert à rien de nous attarder sur le sujet. Le plus important, c'est VAK, et nous devons nous concentrer sur lui.

Elisabeth – VAK ! Ce nom me donne froid dans le dos !

Tim – VAK !

Ila – VAK !

(Tout le conseil murmure VAK les uns après les autres et une musique se fait entendre, assourdissante et grave, Mario sort de la droite de la scène, et toute l'assemblée crie, puis ils se reprennent voyant que ce n'est pas VAK)

Mario – Alors les jeunes, encore en train de travailler ?

Tim – Ah ! Tu nous as fait peur !

Ila – Même pas vrai ! J'ai pas eu peur moi !

Frédérique – Je croyais que c'était VAK !

Ju – Mais non, ce n'est que toi, Mario !

(Un petit courant de rire parcours l'assemblée)

Mario – Je reviens d'une superbe île où il y avait plein de jolies filles, et j'ai appris à me trémousser en leur compagnie. Je veux vous voir danser sur des rythmes salsa, Je veux voir bouger vos corps !

(musique sur laquelle tout le monde danse, et toute l'assemblée part dans une file indienne à la suite de Mario terminé par Max, puis sortie de VAK lorsque la musique de Mario s'arrête, que celle de VAK reprend avec son rire strident ; Rufus est énervé et part à part)

Scène 3 : Qui es-tu ? (Leene, Léo)

(Éclairage alternatif)

Léo – Non ! Arrêtez ! Qu'est-ce que je vous ai fait ? Pourquoi me faites-vous mal ? Stop ! Plus de coups ! Quelle violence ! Je suis votre souffre-douleur ? Je suis différent, je suis plus petit, je suis nouveau ? C'est pour ça que vous me traitez avec tant de haine ?

Leene – (arrive sur scène, prend Léo, l'arrache au sol, marche avec lui) Ça va aller toi ? Oufa, ils t'ont salement amochés ! C'est quoi ton prénom ? Tu ne veux pas répondre ? C'est pas grave, j'ai ton portefeuille. (L’ouvre pour sortir la carte d'identité) Léo ? ! C'est mignon comme nom. Tu ne veux pas parler ? Ne t’inquiète pas, je suis là, repose-toi.

Scène 4 : Corps en mouvement

Personnages : Rufus, Morgane, Elisabeth, Camy, Leene, Léo (Des couples entrent, marchant sur la scène)

Rufus – (court après sa femme) Mon petit cœur ?!

Morgane – (continue à marcher, des copies sous les bras)

Rufus – (l'attrape par le bras) hé ! Chérie ! Morgane ?!

Morgane – ah ! Salut.

Rufus – J'ai un problème chérie, je n'en peux plus !

Morgane – Ça tombe bien moi non plus!

Rufus – Alors tu commences, vas-y.

Morgane – Je devais déposer ces copies sur le bureau du directeur pour avant-hier !

Rufus – Ce n'est pas un problème, il attendra ton directeur. Moi c'est au conseil...

Morgane – (montre sa montre, lui fait signe d'observer) Regarde Rufus, tu vois la trotteuse ? Lorsqu'elle aura fait un tour, le temps que je vais t'accorder sera terminé. Prêt ? C'est parti !

Rufus – J'en peux plus, au conseil d'administration, la prise de décision des choix politiques, sociaux, et économique est devenue chaotique !

Morgane – Elle est devenue ? Tu t'entends parler ! Comme si elle ne l’avait jamais été !

Rufus – Non, ça a empiré, on dirait que mes collègues sont… possédés !

Morgane – Ecoute j'ai pas le temps d'écouter tes histoires, et en plus, le temps imparti est terminé. Mais si tu veux en parler, il y a un speed dating organisé ce soir, tu pourras dire tout ce que tu veux et rencontrer de nouvelles personnes, ça te fera du bien, j'en suis sur.

Rufus – Mais Je n'ai pas besoin de parler, il faut agir et...

Morgane – (le coupe) Je t'avais dit de voir mon psy. Ça te ferais du bien de te lâcher, il t'écoute, prend le temps d'être là pour toi, et lui il a "la" solution à tous tes problèmes ! Il m'a prescrit une pilule pour le matin, une pour le midi, et une pour le soir, maintenant je peux tenir le coup toute la journée et je n'ai même plus besoin de dormir, c'est génial ! Je peux m'avancer pour le travail toute la nuit ! (Regarde sa montre) D'ailleurs il faut que j'y aille. T'oublie pas pour le speed dating, hein ? (Elle téléphone dans le coin)

Rufus – Mais je n'en a pas besoin de son psy, de ses médocs aliénants ! Je n'ai pas besoin de me confier à quelqu'un, je veux juste trouver ce qui ne va pas sur cette putain de terre ! et je ne veux pas de drogue, ça ne sert à rien, je veux rester lucide face à la pourriture dans laquelle on est. Les visions édulcorées du monde, c'est bon pour les autres, pas pour moi.

(Max enchaîné à sa mère galope à travers la scène)

Elisabeth – Hé ! Calme toi ! Max ! Moins vite ! (Le tient, s'agenouille à côté de max) Tiens prend ça, ça te fera du bien, ça te calmera (lui donne une pilule) Ouvre ta bouche, oui c'est bien, comme ça. Oh qu'il est mignon le petit Max, qu'il est beau, qu'il est sage (elle lui gratte l'oreille). Tend la papate ! Oui c'est ça. (Elle continue de le caresser puis va se remettre à marcher)

Camy – (sort de la gauche de la scène tout vêtu de noir, cagoule trouée aux oreilles, pull, gants, pantalon, en dansant, avec un baladeur numérique dans une main et des écouteurs, il vole le sac de Leene, le sac d'Elisabeth, et les copies et pilules de Morgane)

Leene – Au fait je suis désolée d'être impolie, je t'ai demandé ton prénom, mais je ne me suis même pas présentée. Moi c'est Leene. Pourquoi est ce que tu as cet air abattu ? On dirait un petit chien, et regarde, même celui-là (en désignant Max) il a une bonne tête. Allez, souris un peu, c'est pas ces imbéciles qui vont te faire perdre le sourire ! Allez, on va s'amuser ce soir, je t'invite au speed dating, ça va te changer les idées.

Elisabeth – Au voleur ! On m'a pris mon sac !

Morgane – Non ! Mes copies pour le directeur, je me les suis fait voler. Qu'est-ce que je vais lui dire ? Qu'est-ce que je vais devenir ?

Elisabeth – Max, renifle, trouve le méchant voleur !

Morgane – (voix off, dans les coulisses) mes pilules. Où sont mes pilules ? Il m'a même volé mes pilules, qu'est ce que je vais faire ? Je ne suis plus rien !

(Max s’échappe de l’emprise de sa mère et s’enfuit dans les coulisses)

Morgane – (Voix off, dans les coulisses) Et mon rendez-vous chez le directeur qui est pour dans 3 minutes et 37 secondes, je n'aurai jamais le temps de rattraper ces 8 mois de travail réduits à néant !

Elisabeth – Max ! Max ! Où es-tu ?

Leene – Moi aussi Léo, on m'a fait les poches, je n'ai plus rien, ni argent, ni carte d'identité, ni portable, et le plus important...

Léo – Qu'est-ce que c'est ?

Leene – J'ai plus de préservatif sur moi ! Et en ces temps de crise, il vaut mieux toujours sortir couvert !

Léo – Oui tu n'as sans doute pas tort.

Leene – Et puis, sexuellement, il y toujours des imprévus !

Léo – Leene ?

Leene – Oui c'est moi.

Léo – Je suis d'accord pour le speed dating, ça va me faire du bien de connaître un peu vos coutumes.

Leene – Ah oui, tu es nouveau, c'est pour ça que tout à l'heure (se rend compte qu'elle dit une bêtise), enfin, c'est pour ça que t'as pas l'air dans ton assiette. Ne t'inquiète pas, je vais te faire découvrir les joies de la vie sous toutes leurs formes.

Léo – Ouais... (pas convaincu)

Leene – (Lui prend la main) Je t'assure, il n'y a pas sur cette terre que des choses horribles, on n'est pas tous des cons, il y a des gens super ici, il faut que tu vois sous un autre point de vue notre petit coin de paradis.

Léo – Je n'ai vu que l'enfer.

Leene – Alors je vais te montrer le paradis et tu oublieras vite l’enfer. Je te montrerai tout ce qu'aucun homme n'a jamais vu, je t'offrirais beaucoup, mais...

Léo – Mais quoi?

Leene – Il faut que tu parles un peu, je veux tout savoir sur toi ! Comme par exemple cette marque sur ton vêtement, qu’est-ce que c’est ?

Léo – C'est une très longue histoire, un souvenir du passé. Mais ça n'a plus d'importance, je commence une nouvelle vie ici ; allez viens ! (Ils sortent)

Scène 5 : Quelque chose de révolutionnaire

(Au centre de la scène Wells et son assistant)

Wells – Je ne suis pas du tout d'accord !

L'assistant – Wells, tu imagines un film dramatique dans un décor de science fiction avec une BO de musique classique ! S'il te plaît, sois logique, ça ne colle pas.

Wells – Alors tu estimes que de placer dans le même contexte du rock qui rend sourd, c'est mieux ? Du métal ? C'est ça la solution? Je refuse de penser que Tim Burton mettra ça dans le remix de Blanche-neige !

L’assistant – Imagine … Il pourrait trouver une alternative, quelque chose d’intermédiaire …

Wells – Tu m'enlèves les mots de la bouche …

L'assistant – Oui, un alliage de...

Wells – La douceur et la finesse des violons...

L'assistant – La force et la brutalité de la guitare électrique saturée !

Wells – revenons aux choses sérieuses. On est sur le point de le faire. Aller au bout de mon rêve d'enfance, dépasser des frontières jusqu'alors inconnues, et peut-être transformer ce monde, en éliminant la racaille à coups de karcher. Ma vie va enfin trouver tout son sens avec l'aboutissement du travail que nous sommes sur le point d'accomplir. Cette avancée va nous permettre de nouvelles révélations qui vont participer au renouvellement complet de toute notre société !

L'assistant – Ne t'emballe pas trop vite, les dés ne sont pas jetés, tout n'est pas encore achevé.

Wells – Ne sois pas pessimiste mon assistant, nous travaillons sur ce projet depuis bien fort longtemps, il est légitime que je pense que nos efforts porterons leurs fruits. Nous avons déjà eu une conversation à propos de ton désaccord.

L'assistant – Ce n'est pas anodin monsieur. J'ai moi même ...

Wells – (Le coupe) Arrête cinq minutes. Ferme tes yeux.

L’assistant – Je ferme mes yeux.

Wells – Vide ton esprit de toute pensée.

L'assistant – C'est fait.

Wells – (explication accompagnée de grands gestes) Non ! Ne me répond pas, ça veut dire que tu es encore en contact avec le monde réel. Je veux que tu entendes ma voix comme n'étant qu'un écho, être ta conscience dans un esprit vierge. (Attend quelques instantss) Imagine-toi, transporté loin, dans un monde totalement différent de celui que tu connais, une terre utopique où ne vivraient que des blonds aux yeux bleus et aux muscles luisants que je dirigerais, sans problème. Ouvre ton esprit ! Ne crains ni le froid, ni le chaud, ni le vent, ni la pluie. Tu deviens invincible quelques secondes, oui comme ça, tu te sens un nouvel homme ? Sens monter en toi le pouvoir novateur d'une force surhumaine ! Oui, comme ça ! (marque un petit étonnement, donne une claque pour le réveiller) Redescends sur terre ! Je crois que le speed dating n’est pas loin

L'assistant – Ah, enfin nous allons pouvoir nous changer les idées, ça ne peut nous faire que du bien que de voir du monde.

Wells – Je suis d'accord avec toi, (aparté) Pour une fois ! Un peu de socialisation ne pourra nous faire que du bien.

L'assistant – Oui, en plus c'est la première fois que je participe à un speed dating.

Wells – Il me semble que nous sommes arrivés.

(Ils sortent de la scène à droite)

ACTE 2

Scène 1 : Tous au speed dating !

Personnages : Raito, Mario, Assistant, Léo, Max, Wells, Voyante, Leene, Rufus, Camy

Raito – (Joue son rôle de présentateur très au sérieux) Mesdames et messieurs, approcher, je vous en prie, ne vous faites pas prier, ce soir, pour vous (désignant le public), une séance de speed dating endiablé, avec des star dont personne ne connaît le nom !

Raito – Avant toute chose, je tiens à parler un peu du sujet de conversation qui est sans doute, sur toutes vos lèvres, puisque nous avons pu constater une fuite du conseil d'administration qui s'est déroulé en début d'après-midi. (D’un air grave) Les informations se sont propagées comme une traînée de poudre, et pour tout le monde, VAK représente la plus grande menace que cette planète ait connue. Il est un vent froid et glacial qui lape votre corps et vous congèle dans l'horreur et le désespoir. (Reprend son ton enjoué) C'est beau hein ? C'est moi qui l'ai écrit, oui je sais, j'ai des talents cachés (petit sourire niais) Je propose donc de faire graviter cette séance autour de tous ces actes de morts et de vols qui se sont multipliés ces dernières 24 heures. Les candidats qui animeront cette soirée sont les suivants. (Musique de super Mario) Mario, en chair et en os ! Je me pose quand même une question, Ça fait combien de temps que tu assumes ton prénom ?

Mario – je ne vous permets pas !

Raito – Mario fait partie du conseil d'administration, applaudissez Mario ! Léo, un jeune nouveau des plus sombre, on ne sait pas d'ou il vient, mais on sait qu'il est accompagné d'une ravissante demoiselle, applaudissez Leene et Léo ! Notre deuxième couple de la soirée est un couple d'hommes, sont-ils hétérosexuels ? Là est la question ! Le professeur Wells est un savant fou qui serait -et je l'ai apprit de source sûre, est en train de réaliser une machine qui pourrait renverser l'humanité toute entière ! L'assistant du professeur est là pour l'aider dans ses recherches et on ne sait quoi d’autre. (petit clin d’œil au public)

Assistant – Oh tu te calmes !

Raito – (ne prêtant pas attention à l'assistant) Applaudissez donc Wells et son assistant ! Rufus, il s'est échoué dans cette séance comme un cadavre qui s'échouerait sur une île déserte, poussé par les courant, poussée par sa femme ! Applaudissez Rufus ! Max un enfant qui s'est échappé de l’emprise de sa mère et qui s'est retrouvé ici par je ne sais quel miracle. Applaudissez Max l'évadé ! Une autre personnalité charismatique de cette soirée, une voyante renommée qui nous prédira peut-être les prochains exploits Vakiens ! Applaudissez la voyante ! Alors les règles sont simples, vous n'avez qu'à vous asseoir autour des tables par groupe de deux, et vous ouvrir les uns aux autres. A mon signal, vous changerez de partenaires. Si vous manquez de sujets de conversations, tirez une carte au centre de la table. Allez, c'est parti !

Leo/Max

Léo – Oua, tu n’as pas l'air comme tout le monde toi !

Max – Oui, c'est ma mère

Léo – Qu'est-ce qu'elle t'a fait ta mère ?

Max – Elle a fait de moi son objet, Je dois me plier à ses règles stupides. Pire que ça, pour soi disant me protéger, elle m'a acheté une laisse et elle me promène comme tous les chiens du quartier.

Léo – Tu as de la chance d'avoir une mère ! La mienne n'est plus de ce monde.

Max – Que lui est-t-il arrivé ?

Léo – Elle est, elle est...

Max – oui j'ai compris elle est morte ! Mais comment ?

Léo – C'est mon père qui l'a... (il fait le signe d'un poignard que l'on abat)

Max – Oh ! Pas sympa !

Léo – Je le hais ! Je vais me venger, mettre fin à ses jours pour avoir mit fin à ceux de ma mère !

Max – Il est connu dans le quartier ton père ?

Léo – Non je suis nouveau il n'habite pas par ici, mais tout le monde le connaît, tout le monde en à entendu parler sans jamais l'avoir vu, tout le monde le craint mais personne ne l'arrête.

Max – Attend tu me fait peur, ton père, on dirait VAK !

Léo – Tu ne crois pas si bien dire...

Raito – C'est le moment du changement ! Prenez chacun une nouvelle place, de nouveaux partenaires!

Rufus/Assistant

Assistant – Bonjour !

Rufus – Bonjour

(Grand blanc …) Assistant – Je tire une carte. "Que pensez-vous des décisions prises aux réunions gouvernementales?"

Rufus – Eh bah, vous êtes du genre direct vous. Je fais parti du conseil d'administration. Si j’y suis, c'est pour exposer mon point de vue sur les questions, offrir une solution intelligente et censée. Mais on ne m'écoute plus, je ne suis plus qu'une cuillère dans une tasse de café que l'on a déjà bu. On prend les décisions sans même me consulter !

Assistant – Ils sont peut-être corrompus !

Rufus – Je ne pense pas que des pots de vins rendraient des gens aussi étrange. Non, ils se croient manipulés, ils pensent qu'on occupe leurs esprits, je ne peux rien pour eux, on dirait que je n'existe plus à leurs yeux. Je n'en peux plus, je vais craquer !

Assistant – Moi aussi c'est horrible, mon boss ne me laisse jamais me craquer ni les doigts, ni la nuque, c'est horrible, du coup je me lâche seulement quand je suis seul, à l'abri des regards.

Rufus – Oui ne m'en parle pas. Moi c'est avec ma femme ! Je ne peut pas lui parler elle est trop occupée le nez dans ses copies, dans ses cours, on dirait qu'elle est présidente de la république, elle a un agenda de ministre, mais ce n'est qu'une fonctionnaire, c'est une prof !

Assistant – De mon côté c'est encore pire. Mon patron est plein de rêves et d'envies qui régissent sa vie. J'ai peur de briser ses rêves en le confrontant à la réalité, mais il faudra bien un jour qu'il se rende à l'évidence !

Raito – Aller, remuez-vous !

Voyante/Mario

Voyante – Bonjour, je suis voyante, je cherche un bel homme bien mûr en manque d'amour pour me réconforter sous la couette !

Mario – Hé, tu vas à l'essentiel toi !

Voyante – Tu as vu ça !

Mario – Désolé je ne suis pas intéressé. J'ai une femme et...

Voyante – Mais je sent que tu as d'autres idées derrières la tête !

Mario – Comment tu sais ça toi ?

Voyante – Tu as oublié que je suis voyante ?

Mario – Ah ! Oui excuse-moi.

Voyante – Non, pour être plus franche, je le sais car je sais que tous les hommes on des idées derrière la tête. (Petit clin d'œil coquin)

Mario – Non, je ne suis pas ce genre d'homme ! Je vais quand même prendre votre numéro tout de même, j'aurais besoin de vos services.

Voyante – Oh, bien sur, avec plaisiiiiiiir ! Tenez ma carte (elle la prend d'entre ses seins et la lui lance)

Raito – Et on tourne ! (changement)

Léo/Assistant

(Grand blanc …)

L'assistant – Je tire une carte. "Parler de ce que vous faites dans la vie".

Léo – Je suis à la recherche de quelqu'un.

L'assistant – C'est bien vague tout ça !

Léo – Oui, dévoile une partie de toi, et je dévoilerais une partie de moi.

L'assistant – Alors, moi je suis en train de créer une machine révolutionnaire qui...

Léo – Est ce qu'elle peut tuer ?

L'assistant – Utilisée à mauvais escient, oui, elle peut provoquer la mort de son utilisateur. PourQuoi, tu as l'intention de tuer quelqu'un ?

Léo – Oui.

L'assistant – Alors ce sera sans notre machine ! Je ne veux pas nous attirer d'ennuis !

Léo – J'en payerais le prix ! J'ai une mallette de 5 000 € en petites coupures qui vous attend dans un lieu que je tiens secret.

L'assistant – Dans ce cas, tout est différent, il n'y a pas de problèmes !

Léo – Je vous apporte mon père sur un plateau d'argent, et vous le faites disparaître.

Raito – Allez, des autres !

Max/Mario

Mario – Mais attend, je te connais petit gamin ! C'est bien toi le fils de la pauvre Elisabeth !

Max – Et c'est toi le gars qui dansait sur les tables au conseil, c'est ça ?

Mario – Hé p'tit Max, ne commence pas à être insolent. Ta mère se fait du souci pour toi, en plus elle ne va pas bien, de ce que j'ai compris, ton père et elle ça va pas fort, alors si tu la lâches maintenant, elle va pas tenir le coup !

Max – Tu sait au moins comment elle me traite ?

Mario – J'ai bien vu que ça ne doit pas être la mère que nous rêvons tous d'avoir, mais tu sais qu'elle t'aime, elle est toujours là pour toi !

Max – Mais, je n'en peut plus moi, de supporter ses sauts d'humeur ! Elle m'étouffe !

Mario – En plus, en ces temps, il n'est pas bon de traîner tout seul dans les rues de la ville. Je sens que VAK prépare de nouvelles attaques.

(Camy arrive sur scène, retire la chaise de Mario, et repart. Après la sortie de Camy, lorsque la musique s'arrête, Mario tombe à terre)

Raito – Alors Super Mario, tu as raté un rebond ?

Mario – Tu voit je te l'avait dit ! Viens dormir chez moi cette nuit, tu y verras plus clair et je te ramènerais demain chez ta mère.

Raito – Je veux voir de nouvelles têtes ! Allez, je veux que ça tourne !

Leene/Rufus

Leene – Bonjour, je m'appelle Leene, j'ai 18 ans, je suis étudiante au lycée, je suis en terminale L. J'aime la musique qui bouge, la salsa, la danse, tout ce qui bouge et qui me fait vibrer !

Rufus – Ah, tu devrais bien t'entendre avec Mario toi !

Leene – Pardon ?

Rufus – Non rien je disais que j'ai des problèmes de voix. Je tire une carte. "Quel est ta couleur préféré ?"

Leene – Le rose ! Et toi ?

Rufus – Le noir.

Leene – On me répète souvent que le noir ce n'est pas une couleur, mais une valeur !

Rufus – (a cran) On s'en fou.

Leene – Et ça va pas toi ? Ta pas l'air d'être dans ton assiette...

Rufus – Oui c'est vrai, tu es plutôt perspicace toi !

Leene – C'est quoi ton problème ?

Rufus – Désolé, je ne parle pas de ma vie privée comme ça aux gamines de ton âge.

Raito – Alors les jeunes, j'espère que la pêche a été bonne pour vous, que vous avez noté plein de numéros de téléphone et que vous passerez de folles nuits d'amour grâce à cette soirée. Je vous remercie d'y avoir participé ! Avant de partir, je vous rappelle de ne pas sortir tous seuls, car la menace rôde dans nos rues, et qui sait, peut-être que dans les coins les plus sombres se cache VAK, prêt à bondir sur vous tel un félin affamé ! Bonne soirée et merci à tous ! (Il part avec le micro et le pied)

Scène 2 : Elle ne peut pas aider tout le monde

Personnages : Leene – Léo (Tous partent mais Leene reste sur le devant de la scène)

Leene – Quoi vous avez vu comment il m'a traité ce vieux ? Je voulais l'aider, le comprendre, et il m'a ri au nez ! Je voudrais rendre ce monde meilleur, mais on me traite de gamine ! Avant j'y arrivais, je crois, à aider les gens, à effacer leur souffrance d'un jeu de regards, à embellir leur vie le temps d'une nuit, mais là, c'est trop ! Je n'ai peut-être plus "le truc" qui fait qu'on se confie à moi, je n'attire peut-être plus ces gens qui ont un besoin de se confier. C'est à cause de VAK ! Oui c'est lui, j'ai entendu qu'il changeait tout le monde, qu'il leur faisait perdre la tête, qu'il les déboussolait jusqu'à ce qu'ils se suicident. Je suis sans doute une de ses victimes ! Même Léo, je ne le cerne pas ! Il est adorable, même s'il reste timide, mais il me cache des choses, c'est sûr ! Il m'attire, c'est ce je ne sait quoi de mystérieux qui me rend… joyeuse !

Léo – (arrive de la droite) Je te cherche depuis 10 minutes. Et puis le présentateur à dit de ne pas sortir seul, alors, si tu veux je te raccompagne...

Leene – Avec plaisir !

Léo – Tu avais raison, cette soirée était une très bonne idée ! Ça m'a changé les idées, c’est vraiment sympa de m'avoir fait découvrir ça !

Leene – Merci, tu sais, je t'aime bien aussi.

Léo – C'est à moi maintenant, la prochaine fois, je te ferais découvrir un joli coin que j'ai déniché en arrivant dans les environs.

Leene – Oui quand tu veux !

(Ils sortent )

Scène 3 : Au laboratoire

Personnages : Wells – L'assistant

L'assistant – (frappe à la porte)

Wells – (affairé à son bureau) oui entrez !

L'assistant – Je voulais te remercier de m'avoir laissé en plan tout seul l'autre soir, c'était vraiment sympa de m'avoir prévenu !

Wells – Je suis désolé, j'ai rencontré une femme délicieuse...

L'assistant – Tu parles de l'autre diseuse de bonne aventure habillé comme un sac à patate que tu as rencontré hier soir ? Oui j'ai eu l'occasion de discuter avec elle, t'a raison, c'est bien ton genre, elle à des goûts bizarres.

Wells – Je ne te permets pas ! Elle a une grande sagesse, beaucoup de culture, j'ai de la chance de l'avoir rencontré !

L'assistant – Avec une voyante, avoir de la chance ! C'est un pléonasme !

Wells – D'ailleurs, on va se faire un petit restaurant tous les deux dans la semaine...

L'assistant – Pour en venir à l'essentiel, j'ai de bonnes nouvelles. J'ai trouvé un sympa petit bonhomme qui va nous remettre en circuit en nous apportant l'oseille nécessaire pour que nous puissions développer de nouveaux projets, comme ce matelas qui guérit de tout, que tu as mis au rebus par manque de temps et d'argent.

Wells – Ne parle pas d'autre projet, nous avons celui-ci à terminer. Tu parles de cette affaire mais c'est quoi ? Comment on peut l'aider ton gars ?

L'assistant – En se servant de notre machine ! Je sais qu'elle est bientôt prête, lui veut faire disparaître quelqu'un et est prêt à en payer le prix.

Wells – C'est risqué !

L'assistant – Mais le jeu en vaut la chandelle ! Avec ces 5 000 €, tu pourras, …, tu pourras inviter ta voyante à autant de soirées que tu veux.

Wells – Et on le connaît son père ?

L'assistant – Tu ne me croiras jamais.

Wells – C'est Eddy ? Le boulanger ?

L'assistant – Non...

Wells – c'est Ruyzaki, le libraire ?

L'assistant – Non...

Wells – Mais qui est ce, bon sang ?

L'assistant – C'est… VAK !

Wells – Quoi ?

L'assistant – Oui VAK, tu as très bien entendu ! Ce Léo est le fils de VAK.

Wells – Donc ton bonhomme est le fils de VAK ?

L'assistant – lui-même !

Wells – Comment sais-tu ça toi ?

L’assistant – J’ai vu Léo l’autre jour au café et il m'a raconté son histoire ; seulement, il ne voulait pas me dire le nom de celui qu’il voulait tuer, alors on a bu un coup …

Wells – VAK, VAK, VAK ; Imagine ce que les gens diront quand ils sauront que c’est moi qui ai tué le grand VAK !

L’assistant – Et moi, je suis figurant ?

Wells – Monte un dossier sur ton Léo, je veux tout savoir sur lui, je veux une enquête approfondie.

L'assistant – Bien.

Wells – Je veux tout savoir sur ce gars, de ce qu'il mange le matin au petit déjeuner à la marque de son déodorant, en passant par ses fréquentations, et surtout...

L'assistant – Et surtout ?

Wells – Je veux tout savoir de son père. Fouille les archives, rend toi à son domicile si il le faut, mais je veux être sur que nous contrôlons la situation. Tu peux disposer.

(L’assistant part sur la droite, Wells range ses dossiers sur un air de musique classique entraînant)

Wells – (se lève) A nous deux ma grande folle ! (Sort du plateau sur la gauche)

Scène 4 : Sur le banc

Personnages : Léo – Leene (Léo emmène Leene dans un petit coin perdu, ils entrent en scène par la gauche et s'assoit sur le banc décentré, à droite)

Léo – (l'invite à s'asseoir sur le banc, puis se pose à côté d'elle)

Leene – Woua ! C'est beau ! (Montre du doigt). Ce mélange de couleurs, du rouge, du noir, du vert, de l'orange ! Ces formes douces et anguleuses en même temps ! On se croirait dans un atelier de peinture. C'est formidable.

Léo – Tu as vu, tu peux même associer des formes à des objets ou gens que tu connais. Là bas, il y a un lapin.

Leene – Ah oui, et à côté il y a une marmotte ! Et la marmotte... elle... elle...

Léo – (air gêné) ha oui ! (Rires) très drôle !

Leene – Et ici, tu vois, là bas, le faucon qui mange un cadavre de bison ?

Léo – Oui. Moi, je vois (il prend sa main) une plume qui vole au vent, qui sort de son édredon, qui sort, qui est enfin libre.

Leene – Au fait, quand est ce que tu me parles de toi ?

Léo – De moi ? Je suis un peu comme cette plume, je me suis envolé de mes propres ailes.

Leene – Et ta famille ?

Léo – Je n'ai pas de famille, ou j'aimerais ne pas en avoir.

Leene – Ah mais c'est triste ce que tu dis. Moi j'ai une famille, même si ce n'est pas faciles tous les jours, ils font ce qu'ils pensent être le meilleur pour moi.

Léo – Tu crois ça ? Je connais un gamin que sa mère traite comme un chien, il a une laisse autour du cou.

Leene – Il y a des exceptions, je te l'accorde !

Léo – C'est vrai. Il en faut bien, après tout, pour confirmer les règles...

Leene – Tu sais, je me sens en confiance avec toi, tu es si gentil avec moi. Les hommes que j'ai fréquentés avant toi ne m'écoutaient pas. Jamais. Ou ils faisaient semblant de m'écouter cinq minutes pour feindre de s'intéresser à moi.

Léo – Tu sais, moi, j'aime bien t'entendre parler, ça me change les idées, je me perd dans tes phrases, comme si tu avais un pouvoir magique qui te permettait, en parlant, d'apaiser tout les malheurs.

Leene – Merci.

(ils rapprochent lentement leurs lèvres l'un de l'autre)

L’assistant – (les interrompt) Salut petit gars, ça fait 2 heures que je te cherche dans les rues de la ville. J'ai à te parler.

(ils partent tous les deux)

Leene – (téléphone qui sonne, elle décroche) Oui allô ?

Morgane – Bonjour Leene, je voulais vous inviter au restaurant pour fêter votre promotion

Leene – ah

Morgane – Alors, au Never Dream, mardi, cela vous convient ?

Leene – Hum, mardi, je serai avec un ami, cela vous dérange si je l’amène ?

Morgane – Non, pas de problème. A mardi

Leene – ok, faisons comme ça

Scène 5 : Assemblée générale des dirigeants

Personnages : Rufus, Frédérique, Tim, Ju, Ila, Elisabeth, Mario, Max, Voyante

Rufus – (se lève) l'heure est grave ! Les vols, actes de vandalismes et de perversions de la société se multiplient.

Frédérique – Grave ? Non mais tu rigole !

Rufus – Oui, Camy multiplie ses méfaits et...

Tim – Et ? C'est magnifique !

Ila – Tout d'abord, c'est VAK qui est responsable de tout ça,

Ju – Oui, c'est VAK !

Ila – Camy n'est qu'une de ses victimes.

Tim – Oui, comme nous d'ailleurs.

Frédérique – (désigne Rufus) Ne me dites pas qu'il n'est pas au courant !

Ju, Ila, Tim – (en choeur) Heu non...

Rufus – De quoi ? Que ce passe-t-il ?

Ju – Nous avons créé la marque VAK.

(Rufus se rassoit, pose sa tête dans les mains)

Ila – Oui, avec des produits dérivés, des tee-shirts à l'effigie de VAK, des casquettes VAK, baskets VAK ...

Frédérique – Nous avons même pensé aux personnes âgées en proposant le jeu de scrabble VAK.

Ju – Pour la masse, nous avons même pensés au grille-pain VAK, aux chaînes stéréo VAK...

Ila – Oui, VAK est "le" nom qui est sur toutes les lèvres. Plutôt que de le faire, comme Voldemort ou Maltazard le maudit, Nous avons décidé d'entretenir le concept.

Tim – Plus qu'un concept, VAK est devenu un phénomène de société en quelques jours.

Frédérique – Et les produits dérivés se vendent comme des petits pains !

Rufus – Vous profitez de la panique générale pour piller les habitants ?

Frédérique – Mieux que ça Rufus, nous faisons renaître l'économie du territoire.

Ila – Cette occasion est exceptionnelle !

Ju – Nous allons essuyer les dettes de l'état avec tous ces profits.

Tim – Finalement, merci VAK !

Elisabeth – (arrive, un pot de fleur à la main) Pardon ? Merci VAK ? VAK a perdu mon fils, et maintenant c'est mon mari qui me quitte à cause de lui. Il m'a plaqué la procédure de divorce sur le visage ce matin même.

Ju, Ila, Tim, Frédérique, Rufus – (en choeur) Oui Elisabeth...

Elisabeth – D'ailleurs, pour limiter les pots cassés, je suis partie avec le mien. C'est ma mère qui me l'avait offert. Je me souviens encore de cette soirée, j'avais été émerveillée, émue, abasourdie par l'histoire du Petit Prince de Saint-Exupéry. Surtout ce chapitre qui raconte l'histoire d'amour entre le petit prince et une rose. Un jour elle a poussé sur sa planète, et a changé sa vie en lui donnant un sens. Finalement, le petit prince part, laisse la rose, trop orgueilleuse, et l'abandonne sur cette toute petite planète. C'est triste.

Frédérique – Et qu'est ce que tu ressors de cette histoire ?

Elisabeth – Heu ! , Je ne sais pas trop, le Petit Prince n'a pas été très gentil de laisser en plan la rose, même si elle était insupportable. Ils s'aimaient tous les deux et c'est bête d'avoir rompu cet amour. (Son regard s'illumine) Je sais !

Frédérique – Que vas-tu faire ?

Elisabeth – Je vais tenter de récupérer mon mari pendant qu'il en est encore temps ! (part en coulisse puis revient) Merci (dépose le pot de fleur sur la table) Je le laisse là, par précaution.

Ju – (Pose le pot de fleur parterre) Ou en étions-nous ?

(Mario, Max et la voyante arrivent sur scène)

Ila – Mais nous ne sommes pas dans un moulin ici !

Tim – Oui, vous ne voulez pas venir à l'heure ?

Mario – Désolé, j'étais allé chercher madame la voyante. Et puis le petit jeune s'est arrêté à une boutique sur la route. En parlant de lui, Elisabeth n'est pas la ?

Frédérique – Tu viens de la rater, elle vient à l'instant de partir pour tenter de récupérer son mari.

Mario – Ah quel dommage, elle aurait été heureuse, j'ai retrouvé son bambin.

Ju – (montre la voyante du doigt) Et qu'est-ce qu'elle fait là, elle ?

Mario – Oui j'allais oublier, plutôt que de faire appel au hasard comme la dernière fois, je propose de faire appel… au destin !

Frédérique – Oui, c'est une très bonne idée !

Tim – Nous n'aurons qu'à la consulter pour qu'elle oriente nos décisions, qu'elle nous conseille. (La voyante s'installe au centre, en avant)

Mario – Je vais rattraper Elisabeth pour lui rendre son gamin. Aller mon gars, on y va. (ils sortent)

Ju – Revenons à notre discussion sur VAK.

Frédérique – Nous savons bien qu'il nous manipule, que c'est lui qui choisi à notre place. Alors, autant en profiter pour...

Voyante – (entre en transe) VAK est le nom de l'homme du malheur Qui porte une lame dans votre cœur Il réveille en vous le mécréant, voleur Démon de vos peurs, fantômes de vos frayeurs

Il fut un temps jadis Où nos terres demeuraient lisses Lorsqu'il n'y avait pas de vices Impur de nos hantises A présent le monde en crise Abuse et délaisse le bien Et j'ai l'avenir dans le creux de mes mains.

Frédérique – Oui, mais concrètement, tu peux nous aider ?

Voyante – Sans hésiter je m'accorde à vous dire Que j'accepte ces faits même s'ils me font pâlir

Tim – Donc vous pouvez voir dans le futur ?

Voyante – L'avenir glisse tel un faucon dans les abysses C'est un éternel passé en quête de destinée

Ju – Si ça te dit, j'ai apporté de quoi faire une partie de cartes.

(Tim et Ju commencent une partie)

Ila – (s'adresse à Frédérique) Demande-lui.

Frédérique – Pourquoi est ce que c'est moi qui doit toujours faire les corvées ? (Les autres le regardent avec un air sévère) Oui c'est bon, je le fais ! (Se prépare psychologiquement) Dites-moi, quel est l'avenir de notre humanité ?

Voyante – Son avenir est bien trop sombre Il aura l'effet d'une bombe Provoquant la mort en surnombre Et nous plongera dans les décombres La terre finira sans vie Mènera nos corps à l'oubli

Ila – On va tous mourir ?

Voyante – (sort de sa transe) Oui on peut dire ça comme ça. Voilà, j'ai un autre rendez-vous, la séance est terminée. Cela vous fera 1 200 €. Vous payez comment ? Chèque ? Carte bleue ? Visa, Mastercard, American Express ?

Ila – Pardon ? C'est tout ? Trois jolies phrases versifiées et vous partez comme ça ?

Voyante- Je suis un peu pressé, mais je repasserai pour récupérer mes honoraires ! (elle sort)

Tim – Celui qui gagne le prochain tour a le droit de prendre une décision.

Ju – C'est moi qui ai remporté la manche ! Vous avez de la chance, je suis inspiré aujourd'hui.

Tim – Allez, ne te fais pas prier

Frédérique – Bon tu y vas, sinon c'est moi qui propose quelque chose, j'ai une quantité d'idées !

Ju – Alors, je propose d'inviter un inconnu chez soi au moins 2 fois par an au dîner pour favoriser le développement de la communication interpersonnelle !

Ila – Voleur d'idée ! C'est la même que moi !

Tim – Non, 3 fois par an !

Frédérique – Ou sept fois, c'est mon chiffre préféré.

Ju – Attendez, on avait dit que c'était celui qui gagnait qui décidait.

Mario – (Entre en scène) Alors les jeunes, bien travaillé ? Moi je suis exténué, j'ai rendu le petit à sa mère, pendant que vous deviez écouter les prédictions de notre voyante. Bon, personnellement je vais au bar me rafraîchir, et si vous me suivez, je vous paye une tournée. (ils partent tous derrière Mario)

ACTE 3

Scène 1 : Elle est finie !

Personnages : Wells – L’assistant

Wells – (son masque à soudure sur la tête, tripote) Passe moi une diode verte et une diode rouge s'il te plait.

L'assistant – Très bien. (Il lui apporte)

Wells – Tu as le convecteur temporel ?

L'assistant – Oui, tout de suite (il lui apporte)

Wells – Regarde, c'est beau !

L'assistant – (son regard s'illumine) Tu as raison, c'est splendide !

Wells – Oui, nous arrivons au bout de notre rêve ! Bientôt nous aurons le monde à portée de nos mains.

L'assistant – Mais, mais, ça ne marchera jamais !

Wells – Tu te rappelles de la représentation mathématique de l'espace ?

L'assistant – Oui Professeur.

Wells – L'espace comporte 3 dimensions dans lesquelles nous pouvons nous mouvoir. Ces 3 dimensions sont la longueur, la largeur, et l'épaisseur, soit X, Y et Z.

L'assistant – Or un corps possède une quatrième dimension qui est l'espace. En effet, la durée représente ce quatrième élément. Oui, tout ça je le sais. Ça ne m'empêche pas de rester perplexe.

Wells – Non, c'est à notre portée maintenant !

L'assistant – Désolé, mais construire une machine à voyager dans le temps, c'est de la science-fiction ! Tu sais, j'ai l'impression que cette machine ne marchera pas. C'est illusoire, c'est un fantasme Wells !

Wells – (indigné) S'il te plaît ! Calme toi !

L'assistant – Ou cela va-t-il nous mener ?

Wells – Mais pardi, à la gloire ! Et d'ailleurs, je vais appeler Léo sur-le-champ afin de régler les derniers petits détails. Toi, tu ne bouges pas.

L'assistant – Pas de problème

Wells – Allô, Léo ? Oui la machine est prête, tu peux passer pour venir régler quelques détails d'ordre financiers. (Fait un clin d'œil à son assistant) Oui, tu es dans le coin ? Tu arrives tout de suite ? Pas de problème, plus vite ce sera réglé, plus vite nous passerons à l'action. Léo arrive.

Léo – (frappe à la porte, entre)

Wells – Tu es bien rapide !

Léo – (à Wells en lui serrant la main) professeur, (à l'assistant en lui serrant la main), monsieur.

L'assistant – Professeur, le dossier...

Wells – (le coupe) Plus tard, plus tard ! (Mettant son bras autour de l'épaule de Léo, se dirigeant vers la sortie) Tu sais, un jour mon père m'a dit : "Il va falloir te discuter une ou deux idées qui sont universellement acceptées. (ils sortent tous deux du plateau)

(L’assistant est soudain pris de vertiges et titube pour enfin mourir au fond de la scène)

Leene – (voyant la scène) Ah !, il l'a tué. (elle s’enfuit en courant)

Scène 2 : Au Never-Dream

Personnages : Voyante, Wells, Morgane, Leene, Léo, Max, Elisabeth, Rufus, Camy, Ju, Tim, Raito, le serveur, le pianiste (4 tables disposées çà et là, un pianiste arrive de la droite pour se placer à gauche, s'installe, commence un morceau, puis un serveur arrive et installe les tables)

Wells – (accompagné de la voyante) Je vous en prie mademoiselle, prenez place !

Voyante – Ho, que de politesse !

Wells – Mais je vous en prie.

(Silencieusement, Elisabeth et Max prennent place à une table. Elisabeth lui tire la chaise, il s'assoit)

Max – Merci.

(Leene, Morgane et Rufus entrent, Rufus va s'accouder au bar et les deux autres s'assoient à table.)

Léo – (entre de la gauche, d'un air enjoué) Bonsoir Leene !

Leene – (se lève vers lui) Quoi, tu as l'audace de venir me narguer ici ?

Léo – Mais qu'y a-t-il ?

Leene – Je vais te poser une question : Pourquoi tu n'as pas tes vêtements habituels?

Léo – Si je me suis bien habillé, c'est pour toi.

Leene -! Menteur, c’est toi VAK ! Je t'ai vu tuer l'assistant de Wells, j’ai reconnu ta cape ; c’est pour ça que tu ne l'as pas aujourd'hui. Tu nous manipules, nos corps, mon corps, mon cœur... Pars, je ne veux plus te voir ! (il part, elle se rassoit)

Morgane – Leene, dis-moi, le jeune homme là-bas, n’est-ce pas celui dont vous m’aviez parlé ?

Leene – Si mais, c’est sans importance

Wells – La salade du jour s'il vous plaît !

Serveur – Avec ou sans poivre ?

(La voyante sort un bout de papier, écrit "avec" dessus et la pose plié au milieu de la table)

Wells – Avec s'il vous plaît. (Elle lui fait signe d'ouvrir le petit morceau de papier, il est étonné) Vous avez deviné si j'allais mettre ou non du poivre dans ma salade ! Vous m'étonnerez toujours !

Voyante – Vous me flattez !

Wells – Mais non je le pense...

Voyante – C'est tout naturel, je suis voyante.

Serveur – Et pour madame ce sera ?

Voyante – Deux sanglier rôti assaisonné aux fines herbes.

Serveur et Wells – Pardon ?

Voyante – Non je n'en prend qu'un seul. (Aparté) Je suis au régime !

Serveur et Wells – Ahh ! (soulagés)

Serveur – Vous souhaitez un apéritif ?

Wells – Oui deux verres de chardonay s'il vous plaît. Ce sera tout.

Serveur – Bien. (se déplace vers Elisabeth)

Elisabeth – (Ambiance froide) Tu as choisi ?

Max – Oui merci. Un plat de spaghetti carbonara s'il vous plaît.

Elisabeth – Pour ma part, je commanderais volontiers une tarte aux poireaux.

Serveur – Ce sera tout ?

Elisabeth – Oui je vous remercie.

(le serveur va au bar)

Rufus – Whisky !

(le serveur le sert, puis part préparer les plats, a ce moment la, Camy entre sur scène en dansant, tout le monde est figé, jusqu'à ce que …)

(Début d’une scène au ralenti)

Voyante – Cet homme à un rapport avec VAK

Max – (aboie) C'est lui, c'est Camy, le voleur !

Elisabeth – Arrêtez-le !

(Camy va pour partir, mais il est bloqué par le serveur, puis immobilisé par Max.)

Raito – Stop, on a un problème !

Le pianiste – (s’avance sur la scène avec une télécommande, puis appuie sur un bouton de manière insistante)

(Fin de la scène au ralenti)

Elisabeth – (elle lui griffonne un numéro sur un petit bout de papier) Appelez le conseil, dites-leur que nous tenons Camy.

(le serveur court au bar, prend le téléphone portable qui est au bar)

Serveur – Heu, bonsoir, désolé du dérangement, ici le Never-Dream, nous tenons Camy... Bien... Oui. Je vous remercie (il raccroche) Ils ont dit de nous attendre, qu'ils arrivaient dans la minute.

Elisabeth – Bien.

(Tim et Ju entrent en scène, prennent Camy aux bras, de chaque coté, puis sortent)

Leene – (voyant Wells, se lève) excusez-moi je vais dire bonjour à un ami. (Elle se dirige vers Wells) Bonsoir professeur ! Toutes mes condoléances, j'ai appris pour votre assistant. D'ailleurs à ce propos (elle le prend à part), j'ai bien peur de connaître le coupable de ce meurtre.

Wells – Ah oui, qui donc ?

Leene – C'est Léo. D'ailleurs, c'est fini je ne lui parlerai plus

Wells – (met sa main sur son front) Tu es malade ?

Leene – Non, enfin…

Wells – C'est VAK qui a tué mon assistant, et on dirait que toi aussi VAK t'as sacrément retourné le cerveau !

Leene – Non Wells, c'est Léo qui...

Wells – Taratata ! Qu'est-ce qui te rend si sûr de toi ?

Leene – Je l'ai surpris.

Wells – Ecoute fillette, le jour ou mon assistant est mort, j'étais en compagnie de ton ami Léo.

Leene – Quoi ? Je ne comprends plus rien ! VAK, ou le tueur que j'ai vu portait la même toge que Léo.

Wells – Ça en dit long ! Léo m'a avoué que VAK était son père, cette étoffe serait le signe de reconnaissance de leur lignée, la famille Noirdéden.

Leene – Ça veut dire que je me suis trompée sur toute la ligne. Qu'est-ce que je suis bête ! Je vous remercie professeur Wells. (elle le salue, puis se rassoit)

Morgane – vous avez l'air atterré !

Leene – J'ai de quoi !

Morgane – Je ne comprends pas.

Leene – J'ai traité un ami pour un meurtrier, et je lui ai dit, je me sens nulle.

Morgane – C'est le jeune homme qui est parti en courant ?

Leene – Je ne sait jamais quelle route j'emprunte avec lui. Une fois il ne parle pas, une autre je le surprend à parler de grosses sommes d'argent en petites coupures, je passe quelques instants merveilleux avec lui, et puis...

Wells – (a la voyante) Au travers des nuages, au-delà de toutes ces étoiles se trouvent des constellations magnifiques. Et la nuit, lorsque mon esprit vagabonde et plonge dans l'inconscient, je rêve que je traverse l'espace, visitant l'univers, et chaque parcelle de sa matière.

Voyante – Professeur, vous me faites rêver !

Wells – Oui ? Et pour tout dire, je vis pour ces rêves, et je suis persuadé qu'un jour arrivera où nous pourrons voyager à travers la voie lactée, aussi facilement et en autant de temps qu'il m'en faut pour faire un clin d'œil. (il lui en fait un)

Voyante – J'en suis persuadé ! (Ils se sourient) Puis-je vous poser une question ?

Wells – Bien entendu.

Voyante – Pourquoi portez-vous continuellement ce masque à soudure avec vous ?

Wells – (sur la défensive) Est-ce que je vous demande pourquoi est ce que vous portez vos bijoux ?

Voyante – (souriant) Car ils m'embellissent. Quel est le rapport ?

Wells – Le rapport est que c'est la même chose pour moi. Et peut-être bien plus. C'est à la fois mon outil de travail, mon grigri et un objet de grande valeur.

Voyante – Comment ça ?

Wells – Mon grand-père me l'a offert il y a fort longtemps, à l'époque ou je ne touchais pas le sol lorsque j'étais assis.

Elisabeth – Je tiens à te dire quelque chose Max, ce n'est pas facile pour moi mais... Je voulais te dire à quel point j'étais désolée de ne pas avoir été la pour toi comme je le devais. J'ai décidé de changer. Je me suis rendu compte à quel point je demeurais idiote à te traiter de la sorte !

Rufus – (à moitié ivre mort) VAK n’existe pas !

Elisabeth – Tu représentes tant pour moi Max, je suis désolé de t'avoir traité comme un chien...

Rufus – (à moitié ivre mort) VAK n’existe pas, j’en suis persuadé, je le dit haut et fort, VAK n’est que le pur produit de notre imagination !

Elisabeth – ...J'ai décidé de me reprendre, d'éliminer ton père de ma vie, et de te donner la place que tu as toujours méritée au sein de notre famille.

Max – Maman !

Rufus – VAK, non mais, c'est quoi ce nom en plus, on dirait un nom de marque de papier toilettes !

(Rufus titube, puis tombe, le pianiste et le barman prennent Rufus et le jettent en dehors du plateau. Toutes les personnes présentes sortent, sauf Leene qui prend les devants pour parler au public)

Leene – Qu’est-ce que j’ai encore fait ? A chaque fois qu’il m’arrive quelque chose de bien, je fous tout en l’air. Il faut que je répare ça, si j’en ai encore le temps, il faut que je retrouve Léo.

Scène 3 : Cimetière du père Mabraise

Personnages : Wells, Léo, Rufus, Max et figurants (Une masse de gens en noir font la queue et Max pose un pot de fleur, les autres attendent derrière silencieusement)

Wells – (parle à la tombe) J’étais ta seule famille, je t’ai recueilli comme si tu étais mon fils. Jeune, tu me posais toujours des questions insensées : "Dis-moi professeur, pourquoi le soleil brille?", "Pourquoi est-ce que je baille ?", "Pourquoi avez-vous des poils noirs et des poils blancs, on dirait que quelqu'un vous a poivré...". Tu étais impertinent et je devais te faire un cours particulier de science naturelle. Avec le temps tu t'es assagi. Tu es devenu un peu rebelle avec l'adolescence, mais tu es devenu perspicace, même bien plus que moi ! L'élève a dépassé le maître comme on dit...

(il prend un mouchoir dans sa poche, se mouche, le range)

Wells – Tu vois, les années ont passé, et tu t'es doucement laissé choir, de vie à trépas. Je pensais que ce serait toi qui me verrait mourir, et non le contraire ! Quoi qu'il en soit, ce qui est fait est fait. Au fait, j'ai découvert ce dossier sur mon bureau, l'enquête sur Léo. Je croyais que VAK était le responsable de ta mort, mais ce n’est pas le cas. En effet, j’ai lu le rapport que tu avais posé sur mon bureau, et Léo n'est pas le fils de VAK, VAK n'est donc pas son père ! Donc qui est VAK ? Mais qui est VAK ?

Léo – (entre, court vers Wells, le salue) Désolé d'avoir raté la cérémonie. Toutes mes condoléances.

Wells – Non, cela tombe bien, je tenais à m'entretenir personnellement avec toi.

Léo – Ah bon ? C'est à quel sujet ?

Wells – Ton père...

Léo – VAK ?

Wells – ...Justement...

Léo – La machine ne fonctionne plus ?

Wells – Non ce n'est pas le problème !

Léo – Il vous faut plus d'argent ?

Wells – Tu n'y est pas !

Léo – Alors, quel est le problème ?

Wells – Ton père est mort !

Léo – VAK est mort ?

Wells – VAK n'est pas ton père. Ton père est un certain Charles Tornado, mort deux ans après votre naissance d'un accident de voiture.

Léo – Comment savez-vous tout ça ?

Wells – Nous avons prélevé l'un de tes cheveux, et avons procédé à des analyses ADN pour enquêter sur toi. J'aime savoir à qui j'ai affaire. Mon assistant s'est chargé de faire ce travail.

Léo – Mais alors...

Wells – Tout est différent !

Léo – C'est incroyable.

Wells – C'est le moins que nous puissions dire.

Léo – C'est époustouflant !

Wells – Je dirait même plus "c'est renversant !»

Léo – Ce n'est pas possible. J'ai toujours cru que... Que mon père était responsable de la mort de ma mère et...

Wells – Mais la généalogie de ta famille nous montre que ta mère est morte 5 ans après ton père.

Léo – C'est pour venger ma mère que je voulais éliminer VAK, que je croyais être mon père. Ma quête n'a plus de sens. Je vais pouvoir me consacrer entièrement à...

Rufus – (arrive, hésitant) Professeur, mes condoléances pour votre assistant. Jeune homme (en lui serrant la main). Je passais par là, sur la route pour la réunion du conseil, quand je vous ai entendu parler, et évoquer le nom de VAK. J'ai entendu parler d'un lien de parenté entre toi et VAK, c'est bien ça ?

Léo – Heu, oui.

Rufus – Tu peux m'en dire plus ?

Léo – Je pensais que VAK était mon père, or Wells a réalisé une enquête sur ma famille prouvant que je n'avais aucun lien avec VAK.

Wells – Oui j'ai démontré par A + B que...

Rufus – (un sourire illumine son visage) Mais alors, tout s'explique !

Wells – Pardon ?

Léo – Hein ?

Rufus – Oui, heu, plus tard, je file au conseil d'administration ! (il part en courant)

Wells – Léo ?

Léo – Oui.

Wells – J'ai une confession à te faire. J'ai discuté avec Leene et il m'a semblé que vous étiez brouillés. Sérieusement brouillé.

Léo – Oui c'est un malentendu !

Wells – Je sais bien, et j'ai d'ailleurs dénoué cette situation en lui donnant ton alibi à l'heure de la mort de mon assistant.

Léo – Ho professeur, je vous remercie ! Il faut que j'y aille ! (il part)

Wells – (se tourne vers la tombe de l'assistant et dépose son masque à soudure sur celle-ci) Tiens Mathieu, tu en aura davantage besoin que moi. (il part, puis revient) En fait tu es mort !

Scène 4 : Assemblée générale des dirigeants

Personnages : Elisabeth, Ila, Tim, Frédérique, Ju, Mario, Rufus, Camy, VAK (VAK est assis sur le trône. Les membres : Elisabeth, Ila, Tim, Frédérique, Ju, et Mario du conseil sont assis a leurs chaises. Camy est sur une chaise au centre de la pièce, en avant.)

Tim – Pour une fois que tout le monde est la, c'est Rufus qui est en retard ! En plus, c'est pour le jugement de Camy.

Elisabeth – Et nous devons attendre tous les membres du conseil lors des réunions extraordinaires. C'est la règle.

Frédérique – Et bien tu as repris des couleurs Elisabeth, ça fait du bien de te voir comme ça !

Rufus – (entre en trombe) désolé du retard.

Mario – Bien. Commençons.

Ju – (s'adresse à Camy) Présentez-vous.

Camy – Camy Bart Pear.

Ju – Savez-vous de quoi vous êtes accusé ?

Camy – Oui, de vol, et d'agression. Excusez-moi de persister, mais vous ne pourriez pas me rendre mon VAKpod, je sent comme un vide...

Ila – (tiens un petit maillet, frappe un coup) Silence !

Camy – ...Je ne suis plus rien sans lui.

Ila – (frappe deux coups) Silence !

Ju – Nous voulons tout savoir sur VAK. Où est-il ?

Camy – Je ne sais pas !

Tim – Où se cache-t-il ?

Camy – Je n'en sais rien !

Frédérique – On a les moyens de te faire parler ! (Tim et Ju se lèvent et se dirigent vers Camy de manière menaçante)

Camy – Calmez-vous !

Rufus – Rasseyez-vous ! (ils continuent) Rasseyez-vous ! (ils se rassoient)

Camy – Heu, merci.

Rufus – Je n'en ai pas fini avec toi. (Prend une lettre sur la table) Dans la lettre que tu nous a adressé, tu fait explicitement allusion à une communication entre toi et… VAK.

Camy – Oui

Rufus – Alors ma question sera simple. Dis-moi par quel moyen t'es-tu entretenu avec VAK ?

Camy – Une nuit, j'ai rêvé, c'est là que VAK m'a parlé ! (le conseil est abasourdi par la nouvelle)

Rufus – La seule personne qui aurait vu VAK est Camy, et je lui ai sorti les vers du nez en l'interrogeant, il l'a vu dans ses rêves, vous vous rendez compte sur quoi nous nous basons pour établir l'existence de VAK ?

Frédérique – Mais VAK...

Rufus – Vous rejetez la faute sur les autres, lorsque c'est à vous qu'est la responsabilité ? Peut-être que j’ai perdu pied, que je me suis laissé dépassé, que mon comportement face à l’alcool n’était pas tolérable, soit, je veux bien le reconnaître. Mais ce n’est pas VAK qui m’a fait boire, qui m’a fait avoir ce comportement sans précédent, j’assume la pleine responsabilité de mes actes et en ça, je suis finalement bien plus mature que vous tous, qui reprochez à VAK, Dieu, ou la société de vous pervertir. Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-mêmes, car le destin est entre vos mains, non pas entre celles de je ne sais quel concept imaginaire.

(L'indignation du conseil ne tarde pas a se faire ressentir)

Rufus – VAK est votre voix intérieure, vous avez tous un VAK en vous ! C'est cette petite voix maléfique qui surgit dans les moments les plus inappropriés de notre existence. VAK, ce n'est pas un être vivant comme vous et moi, c'est une partie de votre esprit.

(le conseil est accablé.)

Rufus – Ce qui manque ici, c'est une hiérarchie, un homme pour administrer les administrateurs. Un sage qui mettrait tout le monde d'accord. (il se dirige vers le trône) Et cet homme... (il s'assoit sur le trône) ...c'est moi ! Quelle peine pour notre prisonnier ?

Elisabeth – 2 ans, avec sursis !

Ila – 15 ans de prison ferme !

Tim – 10 ans.

Frédérique – 17 ans.

Ju – 6 ans.

Mario – 10 ans.

Rufus – (il sort sa calculette) Alors... 2+15+10+17+6+10, le tout divisé par 6… 10. Je propose donc 10 ans de prison pour le cas de Camy ! Emmenez-le en détention.

Ila – Je lève la séance ! (ils partent tous)

Scène 5 : Le début de la fin

Personnages : Léo – Leene (Léo est sur le banc, seul)

Leene – (arrive de la droite) Léo !

Léo – Leene ! (il se lève) Je t'ai cherché toute la journée, je suis désolé !

Leene – C'est moi qui devrais me confondre en excuses, c'était tellement bête de ma part de penser que tu pouvais être un meurtrier.

Léo – Sans toi, j'en serais sans doute devenu un.

Leene – Ne dis pas ça. (s'assoit) J'étais sûre de te trouver là !

Léo – (s'assoit à côté d'elle) C'est la que je m'isole pour réfléchir, pour faire le point.

Leene – Moi, j'ai fait le point, ça c'est sûr.

Léo – De quoi parles-tu ?

Leene – Le professeur Wells m'a tout expliqué, toute l'histoire. VAK n'est en fait que la partie maléfique qui est en nous, qui nous freine dans notre bonheur. Mais nous sommes seuls responsables de nos malheurs.

Léo – Et maintenant, il n'y a plus rien pour nous faire penser que nous ne pouvons pas être heureux.

Leene – Oui !

Léo – VAK représentait mon désir de tuer, c'était pour trouver un coupable à la mort de ma mère. Mais quelque chose m'a délivré de cette soif de vengeance.

Leene – Ah ? … Qui ça ?

Léo – toi.

(ils se lèvent et partent dans les coulisses amoureux)

FIN