Première fois
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’adore les premières fois.
Ce que j’aime surtout, ce sont les frissons de l’inconnu. Le moment où l’on ne sait pas encore si quelque chose va être génial, ridicule, douloureux ou simplement raté. Et le plus pratique, c’est que les premières fois sont presque infinies. Avec un peu d’imagination, on peut continuer à en accumuler pendant longtemps.
Je me souviens de la première pièce de théâtre que j’ai écrite, bien avant Vakarm. Il y avait des contraintes de délai, des répliques inutilement compliquées et probablement plus de didascalies que de texte.
Je me souviens de mon premier tatouage, de la douleur mêlée au plaisir assez étrange de devenir le support d’une œuvre. De ma première guitare, de mes débuts difficiles et de mes doigts douloureux. Du premier site web que j’ai construit, puis de ma découverte du HTML, du CSS et surtout du PHP.
Je me souviens aussi de mes premiers jours en usine dans une fromagerie, avec les mêmes gestes répétés pendant des heures. De mes petits mensonges par omission pour décrocher mon premier poste d’administrateur réseau dans un lycée. De mon premier voyage en avion, et de la promesse que je me suis faite de ne plus jamais passer vingt heures d’affilée dans ce genre de boîte volante.
Je me souviens de mon premier vélo à assistance électrique, avec cette impression assez simple d’être sur un vélo, mais en mieux. De mes premières retouches sur Photoshop. De mes premiers faux papiers réalisés sous Paint pour un ami, à une époque où cela me semblait manifestement être une bonne idée.
Toutes ces premières fois n’étaient pas forcément importantes. Certaines n’ont rien changé. D’autres ont fini par devenir mon métier, une passion ou une partie de ma vie.
C’est sans doute pour cela que je les aime autant. On ne sait jamais très bien lesquelles vont rester.
Mon premier saut en parachute, par exemple, je ne l’ai toujours pas fait.
Je garde encore quelques trucs en réserve.